L'idée de vivre avec celui ou celle qu'on aime c'est merveilleux ! On y pense, on en rêve... Ne jamais se séparer, ne faire qu'un, penser comme l'autre, respirer comme l'autre, boire à ses lèvres, s'endormir à son souffle, ne plus savoir qui est l'un et qui est l'autre. Le début d'une histoire d'amour c'est souvent un immense désir de fusionner.
Alors on se met à croire que l'amour est ce désir irrépressible de partager le même espace que l'être aimé, que souhaiter l'éloignement aussi infime soit-il est une trahison qui parle déjà de désamour.
Le souvenir du premier attachement
L'absence d'un instant devient aussi angoissante que celle de l'enfant qui pense que sa mère ne reviendra pas maintenant qu'elle est sortie de son champ de vision. L'amour nous rappelle notre premier attachement amoureux. Il nous renseigne sur la façon dont nous avons appris à aimer.
L'amour est une histoire de ruptures
L'amour est chose difficile car il renvoie plus à des ruptures qu'à une ligne sans fin. Aimer c'est accepter de perdre :
- l'amour de soi (à quoi ne sommes-nous pas prêts à renoncer par amour !)
- l'amour de l'autre (l'amour que l'autre nous porte ne dépend pas de nous)
- une partie de notre liberté d'action (partager, faire ensemble, concéder...)
- notre intégrité (ce que fait l'autre à des conséquences sur qui nous sommes)
- notre assurance (aimer c'est risquer de se remettre en question, perdre ses certitudes)
- notre disponibilité sexuelle (si on s'engage à être fidèle)
Aimer c'est donc prendre le risque de ne plus être que l'ombre de soi-même à moins d'accepter que l'amour a besoin de distance, d'ajustements permanents, de questionnements, de fêlures.
Le désir a besoin d'une mise à distance
L'amour se réchauffe à la flamme du désir. On ne peut désirer ce que nous avons déjà. Il faut ressentir le manque pour prendre toute la mesure de ce que l'autre est pour nous. Il faut aussi être capable de vivre sans lui/elle pour s'enrichir de ce qu'il n'est pas et l'émerveiller de ce que nous ramenons de notre éloignement.
Peinture : James Steinberg






