10 janvier 2012

L'horreur est-elle humaine ?


La télévision c'est le tsunami qui vient mouiller votre moquette
Je suis restée de longues années sans regarder la télévision. Avec des ados à la maison et une société en pleine accélération vers l'envol ou le crash, je me suis laissée tenter par la fréquentation de ce monde plein d'images.

On y voit vraiment de tout : du meilleur ("Le premier cri" dernièrement) comme du pire (les infos). C'est une représentation de la vie sans hors-champ, concentrée dans le temps et dans l'espace accompagnée de musique de cinéma : le tsunami qui balaie votre salon, les têtes décapitées qui roulent sur votre tapis mais aussi les paysages du bout du monde qui mettent du bleu et du vert sur les murs de votre intérieur. 

Millenium ou quand l'amour renaît de l'horreur
Hier, j'ai regardé l'incontournable "Millénium, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes". Je dis incontournable car il y a bien quelques années déjà que le livre trône sur les têtes de gondole des librairies. Derrière la couverture noire, j'étais loin d'imaginer l'horreur que ce pavé cachait.

C'est l'histoire de la rencontre entre un journaliste d'investigation hors
pair, d'une jeune femme détective privée perturbée pour avoir subi coups et sans doute inceste -d'où son hyper vigilance face aux détails- et un psychopathe richissime tueur en série de jeunes filles juives. C'est aussi l'histoire d'un amour qui renaît des cendres d'un père qu'on a brûlé. Tout cela sur fond de nature suédoise glaciale filmée à la façon des frères Cohen, l'humour en moins.

Quand l'abus en tout genre mène le monde
Les thèmes ne manquent pas : jusqu'où peut-on enquêter sur les malversations financières ? Comment protéger les personnes sous tutelle de l'autorité abusive de ceux qui sont censés assurer leur sécurité ? Quel est le rôle des industriels européens pendant l'occupation allemande ? Y a t-il des secrets dans toutes les familles ? Peut-on sauver un tueur en série ? Est-on coupable d'être le fils d'un monstre et de lui obéir ?  Peut-on encore aimer quand on n'a connu que l'abus ? Les violences reçues mènent-elles à la folie ? Peut-on s'en sortir ?

Peut-on donner une nouvelle chance aux monstres ?
Je me suis couchée hantée par la question du pardon. Dans le film, la jeune-femme laisse mourir le tueur en série alors qu'elle aurait pu le sauver. Qu'aurais-je fait à sa place ? Doit-on permettre au tueur de faire de nouvelles victimes ? A qui devons-nous rendre compte dans notre décision ? Aux victimes, à la société, au droit, à Dieu ?  L'horreur de ce qu' a fait un assassin pervers n'est-elle pas si saisissante qu'il doive choisir sa propre mort comme preuve d'un retour à la conscience.

Je ne sais pas. Personne ne sait. Voici ce qu'en disait Diderot (1713-1784) dans Entretien d'un père avec ses enfants. 


"[...] Je suis médecin. Je regarde mon malade ; en le regardant, je reconnais un scélérat, et voici le discours que je lui tiens : "Malheureux, dépêche-toi de mourir ; c'est tout ce qui peut t'arriver de mieux pour les autres et pour toi. Je sais bien ce qu'il y aurait à faire pour dissiper ce point de côté qui t'oppresse mais je n'ai garde de l'ordonner ; je ne hais pas assez mes concitoyens, pour te renvoyer de nouveau au milieu d'eux, et me préparer moi-même une douleur éternelle par les nouveaux forfaits que tu commettrais. Je ne serai point ton complice.  On punirait celui qui te recèle dans sa maison et je croirais innocent celui qui t'aurait sauvé ! Cela ne se peut.[...]


Photo : J.Bosch, l'Enfer

5 janvier 2012

Doit-on être modèle ?



J'ai de la sympathie pour l'actrice Karin Viard. J'aime son côté désabusé, sa séduction parfois gauche et pourtant efficace, ses attitudes dont le décalage nous fait hésiter entre le rire et la tristesse. Elle a la grâce que laisse les blessures. La voilà à l'affiche de "Parlez-moi de vous", l'histoire d'une star de la radio, animatrice drôle et chaleureuse à l'antenne, froide et triste dans la vie. Je n'ai pas encore vu le film mais le titre autant que le sujet ont attiré mon attention.

Peut-on avancer sans masque dans la vie ?
"Parlez-moi de vous" me renvoie naturellement au nom que j'ai donné à mon activité : parlerdesoi. J'ai longtemps hésité avant de choisir ce qui a pour but de résumer l'essentiel de ce que je fais. Je crois que parler de soi est ce qui est le plus important pour chacun mais c'est aussi ce que redoute la plupart d'entre nous. Nous évoluons dans une société au sein de laquelle il est difficile d'avancer sans masque et sans armure. Il faut une sacrée dose de confiance en soi et/ou de sécurité pour se montrer avec ses fragilités.

Parler de soi c'est se mettre au centre de sa vie
Pourtant, c'est de soi, de ce que nous pensons, nous croyons, nous faisons, voulons, qu'il faut partir pour y voir plus clair dans ce qui nous freine et ce qui nous galvanise. "Parler de soi" est le contraire de parler de l'autre, c'est se mettre au centre de sa vie, en assumer la responsabilité, les échecs comme les succès. C'est tellement plus confortable de s'accepter avec ses forces et ses faiblesses.

Un espace de sécurité pour s'exprimer : la séance de coaching
Dans le film, l'actrice conseille les auditeurs sur la façon de s'y prendre dans la vie alors qu'il semble que son existence soit pleine d'un vide immense. Est-on capable de conseiller autrui sur la façon de réussir sa vie quand on passe à côté de la sienne ? Très sincèrement je ne crois pas. C'est pour cela qu'en tant que coach je ne donne pas de conseils. Cela ne sert à rien. Ce qui est valable pour soi n'a sans doute aucune valeur pour l'autre. Par contre, permettre à quelqu'un d'envisager son problème sous un angle nouveau est d'une aide précieuse. Avoir un espace pour s'exprimer sans être jugé ni manipulé au bénéfice d'autrui est un expérience d'une grande valeur pour soi. Bénéficier d'un réel accompagnement pour passer à l'action est également d'une aide incontestable.

Ceci dit, je pense qu'on doit incarner les valeurs qu'on défend et avoir un minimum de vécu de ce qu'on commente.Cependant, on peut tout à fait avoir la "recette" de ce qui marche et ne pas le désirer pour soi (ex : une famille, des enfants, de l'argent, de la notoriété...) . Je crois également qu'il est plus accessible d'aider autrui que de s'aider soi-même. Prisonnier de notre propre système de pensées, il nous faut trouver quelqu'un capable de nous confronter.

Il paraît que le film n'est pas palpitant. A voir ...





3 janvier 2012

Pimpante année 2012 !






Que faut-il vous souhaiter ? Savez-vous ce que vous attendez de cette nouvelle année ? C'est le moment de passer commande et de dessiner les douze mois à venir.

Nous sommes tous différents mais aussi très semblables alors je ne crois pas beaucoup me tromper si je vous souhaite de maintenir les équilibres que vous avez su créer, d'accepter l'amour quand il s'approche de vous, de pouvoir financer vos projets et d'avoir le temps de rire et de vous amuser pour vous ressourcer !!!




9 décembre 2011

La beauté nécessaire



Peut-on ignorer la beauté, ne pas la rechercher, ne pas y succomber ? Sans doute... A voir le laid qui se propage et s'érige parfois en modèle, cela doit être possible. Quels sont les avantages de la laideur ?

Naturellement, reste à définir la beauté. Existe t-il des critères du beau ? L'histoire de l'art nous l'affirme et nous dit combien ils changent en fonction de l'époque et du lieu. Ce qui fait se pâmer un moment (les silhouettes callipyges) est durement corrigé dans un autre espace temps, ce qui propose une rupture avec la norme  (les impressionnistes par exemple) est tour à tour mis au pilori et - une fois martyrisé- porté aux nues. Comme s'il existait une  beauté scandaleuse, sauvage qui parle au cœur et au corps (proche des pulsions et de l'indomptable) et une beauté tranquille, civilisée  qui parle à la tête (proche des normes et de la maîtrise). Entre les deux, le chemin incontournable de la domestication.

Il existe une beauté qui nous porte vers la création, vers la vie, vers l'amour et une beauté qui nous porte vers la destruction, la violence et la mort. Entre deux, un tiède et rassurant équilibre. Les extrêmes ont ce même pouvoir hypnotique qui fait que nous échappons à nous-mêmes pour nous fondre dans le spectacle qui s'offre à nous. Nous sommes plus réceptifs à l'un ou à l'autre en fonction de ce qui existe en nous de pulsion de vie, d'attrait pour la mort, de curiosité morbide.

L'objectif du "Aesthetic Movement" anglais (milieu du XIXème siècle) était d'échapper à la laideur et au matérialisme. Le laid c'est l'utile, le beau c'est l'inutile. "L'art pour l'art" entonne ses inconditionnels. Il s'agit de créer un monde (essentiellement décoration intérieure) dominé par l'élégance inspirée du modèle de la Grèce antique et des estampes japonaises. Les tableaux, faïences, objets décoratifs éclatent d'un bleu et d'un blanc lumineux à l'image des porcelaines venues d'Asie. Les femmes aériennes aux mille drapés sont assoupies dans une langueur lascive, bouche à peine ouverte, comme dans l'attente d'un baiser léger. La beauté est une nécessité pour traverser le XIXème siècle industriel dont les émanations puantes rendent irrespirable l'air de Londres.

Le musée d'Orsay à Paris présente l'exposition "Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde". On y admire les œuvres des principaux protagonistes du mouvement (Edward Burne-Jones, Frederic Leighton...). Le visiteur se laisse guider par les aphorismes d'Oscar Wilde -impertinente musique littéraire pour déranger l'esprit- semés ça et là entre les toiles.

Les bons points de cette splendide exposition vont à la richesse des pièces présentées, au magnifique Musée d'Orsay, aux salles supérieures avec vue en cascade sur la Seine, le jardin des Tuileries, les arcades de la rue de Rivoli et au loin le Sacré-cœur : Paris somptueux embrassé en un coup d’œil au travers de l'immense lentille d'une horloge de verre.


La mauvaise note sera pour la quasi illisibilité des informations et commentaires relatifs à l'exposition et la tristesse de la cafétéria nouvellement réaménagée (l'espace incontournable pour se poser, des images de beauté dans la tête...).


Vivre dans un monde où tout serait beauté est-ce concevable ? La beauté a besoin du laid pour exister, de l'utile pour être inutile. 




Photo : Frederic Leighton (1830-1896), Pavonia

Exposition "Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde", Musée d'Orsay du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012

23 novembre 2011

La bienveillance des poupées



"Créer, c'est toujours parler de l'enfance."
Jean Genet

J'ai toujours aimé les poupées. Elles sont silencieuses et attentives, capables d'absorber tout l'amour qu'on leur porte sans en être écrasées ni réclamer l'espace dû pour cet envahissement. On peut les cajoler, les oublier, les reprendre sans scrupule ni culpabilité. Toujours fidèles, elles affichent indéfectiblement le sourire qu'on attend. Les poupées sont des amies formidables... pour des enfants.

A quoi est dû la magie qui fait qu'un bout de plastique comble un instant l'absence de chair et de sang, celle d'un être fantasmé susceptible de répondre à tous nos désirs de domination ? Est-ce l'irrépressible besoin de chasser la solitude au prix d'un pis-aller de chiffon ? La passivité s'affiche t-elle comme une invitation à la manipulation ? Est-ce la nécessité de voir ses secrets bien gardés qui donne sa valeur à l'attachement ?

Ce qu'il y a de formidable avec les poupées c'est le fait de parler avec peu de mots et d'avoir la sensation d'être compris(e) par ce regard dont le vide exprime la bienveillance. Arrive le moment où il faut faire le deuil de ses amies inanimées pour fouler la cour de récréation, celle des coups et des moqueries, des lâchetés et des méchancetés. Les poupées sont devenues des automates grimaçants manipulés par toute la difficulté de devenir grand.

Je n'ai jamais cassé mes poupées ; mes frères et sœurs s'en sont chargé. Moi qui ne leur faisais que l'école, elles ont enduré les manucures étranges et la gymnastique acrobatique. J'ai parfois la nostalgie de mes poupées bien rangées. Mes rêves d'enfant dessinaient alors un monde de calme et de volupté.


Musée de la poupée
Impasse Berthaud
75003 Paris


Marionnette réalisée par Félicité Chauvé

14 octobre 2011

Les rendez-vous d'artiste



 "L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité"
Friedrich Nietzsche


J'ai eu la chance, enfant, de fréquenter pendant de longues années l'atelier de jeunes des arts décoratifs de Paris au Pavillon de Marsan. Dessiner, peindre, modeler dans un endroit aussi merveilleux, jouxtant le jardin des Tuileries et le Louvre a fait naître en moi un goût prononcé pour les belles choses.

Mon professeur, Pierre Belvès, promenait son regard curieux sur l'histoire de l'art et c'était passionnant. Je ressentais une sorte d'admiration face à sa connaissance et de respect face à sa pédagogie. Il m'a dédicacé son livre de quelques lignes affectueuses et l'a orné d'un grand dessin. Si je ne devais conserver qu'une seule chose ce pourrait être celle-là.

De cette période, j'ai gardé l'attrait pour les expositions de peinture que je visite à ma manière impatiente. Je commence toujours par un grand tour, ensuite je reviens sur mes pas et je m'arrête devant les tableaux qui me plaisent particulièrement. Pour finir, je n'en choisis qu'un seul, mon favori, et je respire avec tout le plaisir que peut procurer mon regard sur la toile.

Hier, je me suis rendue à l'Orangerie pour un bain de lumière : l'Espagne entre deux siècles. Superbe ! (Mon favori : la sieste).


Le musée de l'Orangerie bénéficie d'un emplacement extraordinaire entre la place de la Concorde, sa perspective sur l'Arc de triomphe et le jardin des Tuileries avec en point de mire la pyramide du Louvre. De taille humaine, on s'y promène insolemment entre les Monet, Picasso, Derain, les Soutine, Modigliani... Le talent de la forme et de la couleur. Visiter une exposition c'est tout une atmosphère ; il faut se donner le temps de l'abandon et du rêve.

La grande prêtresse américaine de la créativité, Julia Cameron, parle des "rendez-vous d'artiste" comme d'un outil incontournable pour nourrir sa capacité à inventer. Elle les décrit comme "une expédition hebdomadaire permettant de plonger dans quelque chose de festif ou d’intéressant sur le plan créatif." soulignant que "l'artiste qui oublie comment jouer oublie rapidement comment travailler".

Pas facile de jouer dans notre monde où même la joie est suspecte.  L'art est  un des derniers refuges pour penser autrement.






Tableau : "Noce à Valence" de  Hermen Anglada-Camarasa

12 octobre 2011

Eloge de la faiblesse


Alexandre Jollien aime la philosophie. Il y trouve un chemin pour penser la vie, l'amour, l'amitié, la cruauté, l'arrogance des pseudo-savoirs, la normalité. Dans "Eloge de la faiblesse", il choisit la dialectique socratique faite de questions/réponses pour disserter sur la différence.

Son expérience c'est celle du handicap moteur cérébral vécu pendant 17 années dans un centre spécialisé. Il témoigne du gouffre des mondes qui se côtoient dans les institutions. D'un côté l'humanité merveilleuse de dépouillement de ses camarades qui savent d'un mot difficilement articulé "Caa Bva ?" lui réchauffer le coeur. De l'autre, des professionnels pas toujours alignés sur leur engagement qui creusent la solitude des pensionnaires par leur approche clinique. 

Une des questions de fond de l'ouvrage est le rapport à la différence, à ce qu'on ne connaît pas et qui nous fait peur. Il y a quelque chose qui n'est pas réglé dans notre société autour du regard posé sur l'autre en général et sur le handicapé moteur en particulier.  "Chacun dissipe un malaise comme il peut."

Quand je croise une personne handicapée, surtout si les mouvements de son corps paraissent désorganisés, j'ai toujours tendance à faire comme si tout était normal car j'ai peur par mon regard soit de laisser croire que j'ai pitié, soit de faire penser que je suis au spectacle. Je crois que la plupart des personnes sont comme moi : nous ne savons pas comment nous comporter parce que les codes habituels de communication subissent des interférences : difficile de croiser le regard par exemple. Que devrions-nous faire ?

Alexandre Jollien en témoigne, la plus grande insulte à ce qu'on est c'est de recevoir de la pitié. La pitié c'est une condamnation à perpétuité à être enfermé dans le jugement de l'autre. Alexandre Jollien c'est tout le contraire, il se bat pour aller jusqu'au bout de ce qu'il est capable et plus loin encore. "Le bonheur, si il existe, s'oppose (...) diamétralement à un confort quiet, tranquille, tiède. Il réclame une activité intense, une lutte sempiternelle ; il s'apparente à une plénitude désintéressée acquise dans un combat permanent...". 

"Être normal" qu'est-ce que c'est ? Je crois qu'on peut devenir fou en essayant de l'être. J'ai plutôt envie de me demander comment vivre sa différence, son anormalité, où trouver suffisamment de confiance en soi, de force de vie, d'acceptation de sa faiblesse toujours relative pour s'éloigner des normes castratrices, construire et vivre en paix avec autrui. La normalité est un fantasme comme l'égalité est une utopie. Nous sommes tous différents.

"Eloge de la faiblesse", Alexandre Jollien
Marabout






5 octobre 2011

Munch : les vibrations de l'angoisse



"L'angoisse est le vertige de la liberté"
Sören Kierkegaard



Je me souviens avoir vu adolescente ce tableau sur la jaquette d'un livre. J'ai oublié le nom du livre mais j'ai gardé en mémoire l'effroi que suscite "le cri" de Munch. C'est comme s'il existait une connexion directe entre la vue et le sang : il se glace immédiatement. Cela s'appelle la synesthésie ou la correspondance des sens. 

C'est le talent de l'artiste que de savoir partager son monde à travers ses créations. Certes, il s'agit chez Munch d'un univers de peur et d'angoisse. Qui voudrait partager une telle atmosphère ? J'ai pourtant pris grand plaisir à regarder avec curiosité la cinquantaine d’œuvres présentées au Centre Pompidou moi qui avoue un penchant pour l'allégresse et la légèreté en peinture. 

"Le cri" n'était pas exposé. Grande déception. J'attendais de ma confrontation avec la toile de percer le mystère. Je fais partie de ceux qui pensent que regarder longtemps, attentivement une photo ou une toile, permettra d'en connaître les secrets. Comme l'exprimait Magritte dans son fameux tableau "Ceci n'est pas une pipe", l'image est un signe mis à la place de l'objet. Ils ne se confondent pas.


Ce qui me fascine chez Munch ce n'est pas l'angoisse mais sa capacité à créer une ambiance hypnotique. Si vous regardez "Le cri" -et c'est le cas pour d'autres des ses œuvres- les mouvements du pinceau suggèrent des ondes. Munch est contemporain de la découverte des rayons x (sonder les corps),  de l'émergence de la psychanalyse (sonder les âmes) et des théories qui avancent que des ondes imperceptibles permettraient la communication des corps et des esprits (sonder l'invisible). Preuve si il en est qu'on échappe difficilement à l'influence de son époque.

"Le cri" représente l'expérience littérale d'une crise d'angoisse. Munch disait à propos de ce qui lui inspira le tableau : "Je marchais sur la route avec deux amis -le soleil se couchait- je sentis comme une bouffée de mélancolie. Le ciel devint soudain rouge sang- Je m'arrêtai, m'appuyai à la barrière, las à en mourir- , je vis les nuages flamboyant comme du sang et une épée - la mer et la ville d'un noir bleuté -(...) je restai là frissonnant d'angoisse - et je sentis comme un grand et interminable cri traversant la nature."

Pas facile de faire face à la condition humaine mais quelle chance d'être un artiste.



"Toute angoisse est imaginaire, le réel est son antidote."
André Comte-Sponville
 

Edvard Much. L'oeil moderne
Centre Pompidou, Paris
21 septembre 2011- 2 janvier 2012

7 avril 2010

Réseauter



Réseauter
L'art de remplir son filet

Quelle incroyable activité que le "réseautage" ! Incontournable en ces temps de marchés où ne souhaitant être pris(e) ni pour une pomme ni pour une poire, il nous faut trouver une étiquette qui puisse flatter l'oeil, attirer sans nonchalance le chaland, lui donner envie d'y goûter davantage... En d'autres mots, nous mettre dans son panier c'est à dire nous prendre dans son réseau. Ne vous méprenez pas (quoique parfois on se demande tout de même !), il n'est question que d'affaires "honnêtes" dans cette histoire, des sérieuses, des cadrées, du business, de l'emploi. Nul besoin en principe de vendre son âme ou d'y risquer son corps.

"Réseauter" c'est bâtir un réseau de contacts pertinents au déploiement exponentiel principalement sur la toile mais également partout où il est possible de rencontrer des personnes susceptibles de faire le lien entre vous et de nouvelles relations professionnelles (des voisins de table, en passant par la famille, le club de sport, les communautés d'intérêt, tout ce qui est plus petit que la planète entière). Dans le fond, l'idée est formidable et bien simple. Dans la pratique, l'exercice demande de belles qualités de communication : une bonne dose de confiance en soi, une compétence quasi politique à répéter le même message, un minimum de maîtrise de l'informatique et un goût sucré/salé pour l'aventure humaine.

Ombre et lumière



Ombre et lumière



Les vacances sont déjà derrière nous mais leur ombre plane encore délicieusement sur l'aplat de notre bureau. Notre théâtre intérieur refuse d'afficher les programmes de rentrée et l'écran de nos pensées nous renvoie en boucle les éclats de rire des moments d'été. Pourtant septembre est bien là. Il faudra bien y mettre les pieds et faire scintiller nos missions dans un nouvel horizon.

C'est amusant que l'ombre puisse à la fois suggérer la fraîcheur et la terreur. La fraîcheur vient de ce que nous nous protégeons de la lumière qui brûle et qui révèle, de la chaleur qui étouffe et nous fait parfois perdre la tête. A l'ombre nous sommes un peu cachés, le corps à bonne température, nous voyons mieux que nous ne sommes vus.

L'ombre c'est aussi le début de l'obscurité, nous avançons à tâtons les mains en avant et le pas peu sûr, les sens à vif et l'imagination en feu.
L'ombre c'est le début du mystère, c'est aussi très excitant ...

Communication interculturelle et identité



Communication interculturelle et identité



"L'identité d'une personne n'est pas une juxtaposition d'appartenances autonomes, ce n'est pas un "patchwork", c'est un dessin sur une peau tendue ; qu'une seule appartenance soit touchée et c'est toute la personne qui vibre."
A. Maalouf



Comment travailler ensemble quand nous ne partageons ni la même langue, ni le même rapport au temps et à l'espace ? Comment construire ensemble quand nous n'avons pas la même expérience de la relation à l'autre et à l'entreprise ? Qu'est-ce qui peut bien rassembler et faciliter la communication quand tant semble nous éloigner ? Comment ne pas se crisper devant les différences que nous lisons parfois de façon mutuelle comme des incompétences ? Comment maintenir la cohésion et la dynamique du groupe ?

L'interculturalité est une notion relativement récente. Dans les années 80, on ne parle que "d'international". Le monde est un "village global", balbutier l'anglais semble suffire pour orchestrer les équipes. Dans les années 90, on passe du modèle de management japonais dominant (emploi à long terme, prise de décision par consensus...) au modèle américain de l'entreprise flexible. On commence dès lors à s'intéresser à la notion d'interculturalité qui, bien gérée, est une promesse de productivité accrue. Ceci explique cela.

L'interculturalité est la rencontre (et non l'empilage) au sein d'un même groupe/équipe de plusieurs cultures et donc de différentes façons de communiquer et d'interpréter les signes (mots, comportements, intonations, rictus, tenue vestimentaire...). Si, dans une culture donnée "regarder droit dans les yeux" est un signe de respect, dans une autre ce peut être une insulte. Comportement valorisé par les uns, il est condamné par les autres. Autant de malentendus à venir, d'interprétations erronées d'une attitude qui se veut compétence et qui est perçu comme arrogance. Nous détestons tous ce décalage, cette impression d'être tombé à côté, d'être finalement incompris et peut-être rejeté. La peau se tend.

Humour et coaching ?




Humour et coaching ?

"Je me suis mis à la clarinette c'est ce qui rapproche le plus de l'anglais"
Raymond Devos


"Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel."
Jean Cocteau


Peut-on parler d'humour au pays de la "Saudade" sans paraître provocateur ou insolent ? Sommes-nous tenus d'être mono-bloc, mono-identité, mono-compétence ? Doit-on choisir entre être drôle et être sérieux ? N'y aurait-il pas un endroit ou tout se mélange et devient surprenant ? Opérant ?

A chacun sa réponse. Pour ma part, j'ai choisi de conjuguer à tous les temps, tous les tons, tous les lieux, des larmes aux éclats de rire, de la profondeur à la légèreté, du corps aux images, de la rigueur à la fantaisie, de la philosophie à la bande-dessinée. Pourquoi choisir devant tant de richesses et de possibilités ?

6 avril 2010

Les standards européens du métier de coach




Le métier de Coach : des standards européens
European Quality Award (EMCC)

"Pour sortir, il faut utiliser la porte. Pourquoi personne n'utilise-t-il cette porte ?"
Confucius

1) Le client attend de l'information, de l'efficacité et de la sécurité
Toute personne sensée vous dira qu'aucun diplôme, qu'aucune certification ne peut garantir la capacité qu'une personne a à aider autrui. Il y a là quelque chose qui ne se saisit pas, qui ne se mesure pas et qui ne s'apprend pas et pourtant...

Toute personne un peu informée sur les métiers de l'accompagnement vous dira que dans un processus de changement interviennent quatre types de facteurs (source Médiat-Coaching) :
- des facteurs extra-thérapeutiques (40 %) liés aux compétences internes du client
- des facteurs relationnels (30 %) en rapport avec la qualité relationnelle entre le client et son interlocuteur
- des facteurs placebo (15 %) comme les espoirs et l'attente du client
- des facteurs liés au modèle et à la technique -ici le Coaching- (15 %)

Prendre le temps de choisir son chemin



Prendre le temps de choisir son chemin
"Faites-vous simplement confiance et vous saurez comment vivre votre vie"
Goethe

Cette année encore Lisbonne offre ses splendeurs au rythme de nos pas experts sur ses petits pavés. L'exercice est parfois difficile et toujours étonnant. Marcher dans Lisbonne c'est comme prendre un chemin intérieur aux aspérités incertaines. On se tord un peu l'âme comme ici la cheville, on découvre des merveilles insoupçonnées que viennent sublimer les rayons de notre gaieté. On avance aussi à grands pas sur des surfaces polies et lisses et on arrive toujours plein de rencontres et d'aventures où nous souhaitions aller.

Quels objectifs pour un trajet de coaching ?



Quels objectifs pour un trajet de coaching ?



Tout d’abord, le Coaching est une position, un outil, une démarche qui peut s’exprimer tant dans un contexte professionnel (la demande vient et est prise en charge par l’Entreprise) que personnel (la demande vient et est prise en charge par un particulier).

Les personnes intéressées par une démarche d’accompagnement se demandent souvent si leur objectif est bien un objectif de Coaching, si en fin de compte leur demande ne relève par d’un autre champ. Elles ont raison de se poser la question car en effet tous les objectifs ne relèvent pas du Coaching. De plus, l’identification de l’objectif est un des gages du succès du travail qui va être fait. Il semble donc important de connaître pour quels objectifs le Coaching est une bonne indication.

Pourquoi développer son projet professionnel avec le coaching ?



Donner du sens

« L’univers n’est ni hostile, ni amical, il est simplement indifférent ».
J.H Holmes

1) Nos comportements ne produisent plus les résultats espérés

En quoi un projet de vie est-il nécessaire ? En quoi se développer serait-ce une nécessité, un désir, un besoin ? Le plus souvent, nous nous posons ces questions quand nous quittons une zone de confort, une période de relative insouciance au cours de laquelle les choses suivent un cours qui nous porte ou dont les remous ne remettent pas profondément en cause nos choix et nos fonctionnements.
Nous nous interrogeons quand nous ne parvenons plus à obtenir les résultats déclenchés par nos comportements habituels. C’est à ce moment que nous faisons l’expérience de la chose subie, de la frustration, de l’insatisfaction, de la sensation de blocage. C’est très désagréable pour soi et pour les autres. L’inconfort peut parfois devenir insupportable. Il s’agit alors de faire le point sur ce que nous vivons puis de décider de ce que nous souhaiterions vivre à la place afin de profiter des vents favorables. J’aime bien penser que la chance doit être comprise comme la capacité à saisir les opportunités que se présentent à nous. Comment les reconnaître si nous ignorons où nous allons, si nous n’avons pas de projet ?

Qu'est-ce que le coaching ?


Qu’est-ce que le Coaching ?




Accompagner la croissance
Le Coaching est un processus de développement professionnel et personnel issu de la psychologie humaniste qui affirme que la Psychologie ne doit pas se réduire à un contenu clinique (les pathologies) mais s’intéresser également aux sujets sains. Ces sujets ont un potentiel de qualités à développer. Le Coaching se propose d’accompagner cette croissance en fonction des objectifs que souhaitent atteindre les Coachés (clients).


Pour les Entreprises et les Particuliers

Le Coaching est utilisé par les Entreprises afin d’optimiser les performances des cadres. Il doit leur permettre d’utiliser au maximum leur potentiel de communication (leadership) et de créativité (trouver des solutions aux problèmes posés) afin d’offrir à l’Entreprise un haut niveau de compétitivité. Le Coaching est également utilisé par les particuliers pour les mêmes raisons mais pour des objectifs qui leur sont propres et non plus « dictés » par l’Entreprise.